J.M. Baylet à Nevers (58): des sous-préfets pour appliquer les mesures en faveur du monde rural

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Pour son premier déplacement officiel en tant que ministre de l’Aménagement du territoire, des Ruralités et des Collectivités territoriales, Jean-Michel Baylet (Parti radical de gauche) était attendu par les élus et les acteurs socio-économiques de la Nièvre, à Magny-Cours ce lundi 14 mars au matin, à Decize en soirée et à la préfecture, à Nevers, en début d’après-midi.

Le ministre, qui succède à Sylvia Pinel dans le gouvernement, a fait une annonce nouvelle: la désignation, dans chaque département, de sous-préfets à la ruralité, chargés de suivre et de faire appliquer les 67 mesures décidées par le President de la République et le Premier ministre, lors des Comités interministériels à la ruralité des 13 mars et 15 septembre 2015, mesures jugées « trop méconnues » par le ministre et qu’il a détaillées. Ces hauts fonctionnaires de l’Etat devront également animer, chacun, des Comités de la ruralité avec les associations de maires et « ceux qui sont impliqués pour inverser le sentiment que la ruralité est mal-aimée ». « A quoi sert-il de prendre des décisions, si elles ne sont pas appliquées » s’est-il interrogé.

Maisons de services au public,  maisons de santé pluri-disciplinaires, plan numérique et traitement des zones blanches en téléphonie mobile ou construction des réseaux de très haut débit, revitalisation des centres-bourgs, politique de l’habitat et du logement, réforme des dotations de l’Etat aux collectivités et péréquations, réforme des intercommunalités, recentralisation du financement du RSA, mais aussi menaces sur les trésoreries, les sous-préfectures et les postes dans les établissements d’enseignement: les questions étaient denses et nombreuses, tant les élus nivernais ressentent sur le terrain, à la fois « une grande combativité » mais aussi « une grande colère », selon le sénateur socialiste Gaëtan Gorce. La Nièvre, comme d’autres départements ruraux, éprouve souvent un sentiment « d’abandon de l’Etat. Depuis 30 ans, les choses ne se sont pas améliorées » a-t-il indiqué au ministre.

Les attentes sont telles que, dans la Nièvre, à l’initiative de Patrice Joly, président PS du Conseil départemental et de trois de ses ex-collègues de l’Allier, du Cher et de la Creuse, une Association Nationale des Nouvelles Ruralités a vu le jour, après quatre ans de réflexion commune, afin de peser sur les prochaines politiques publiques, « trop souvent relevant de décisions émanant de l’urbain ». Et parmi les demandes des élus, associations, universitaires et citoyens qui la constituent, la première revendication est une loi d’orientation pour la ruralité, sur le modèle de « ce qui s’est fait pour la ville ».

Face à cette demande, en préfecture, Jean-Michel Baylet a d’abord répondu qu’il « ne s’attacherait pas à lier son nom à une nouvelle loi sur la ruralité, dans les 14 mois à venir, qui bouleverserait encore le système institutionnel (ndlr: après la loi NOTRe et la réforme territoriale). Je vais déjà m’attacher à une bonne application et à mettre de l’huile dans les rouages », a-t-il dit, citant ces « régions dont on voit qu’elles ont été un peu mariées de force et les difficultés que cela a créé ». Il a précisé qu’un 3è Comité interministériel à la ruralité se tiendrait en avril, « qui permettra de compléter par décrets, ordonnances ou lois, certaines décisions déjà prises ».

Un peu plus tard, dans la salle du Conseil départemental voisin, et devant l’insistance des membres de l’Association des Nouvelles ruralités pour une loi d’orientation, le ministre a toutefois admis que « même si le temps est fermé et dédié à l’application et à l’amélioration, à la stabilité et à la tranquillité, si nous sommes capables de construire ensemble un texte de consensus qui rassemble et qu’on le fasse vite, clair et simple, pour la reconnaissance du monde rural, je n’aurai aucun état d’âme pour convaincre le Premier ministre »! Ni une, ni deux: les élus nivernais ont déjà pris rendez-vous avec les membres du cabinet du ministre en ce sens…

Emmanuel Coulombeix

About the Author

E.C.
Journaliste dans un hebdomadaire agricole et rural en Bourgogne, Emmanuel Coulombeix est passé par de multiples rédactions du même type, depuis 1991, en Poitou-Charentes, Bretagne, Pays de la Loire et Paris. Diplômé de l'IPJ Paris et du CFPJ, il a exercé ses talents dans différents types de presse et de supports.

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