25 départements adhèrent déjà à la plateforme d’approvisionnement Agrilocal

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Créée en juillet 2013 à l’initiative des Conseils départementaux (ex-Conseils généraux) du Puy-de-Dôme et de la Drôme, l’association loi 1901 « Agrilocal » compte désormais 25 départements français parmi ses membres. Cette structure a mis en oeuvre un outil internet mutualisé, une plateforme de mise en relation entre les opérateurs de la restauration collective et les agriculteurs dans chacun des départements concernés. Le site agrilocal.fr sert d’interface entre des responsables de cuisines des collèges, lycées, écoles, mais aussi hôpitaux et maisons de retraites de chacun des départements adhérents et des fournisseurs de produits locaux qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés…

Chaque Conseil départemental membre met une déclinaison départementale de l’application en ligne, gratuitement, pour les acheteurs et les fournisseurs de son territoire. Dans un premier temps, les acheteurs consultent l’identité des fournisseurs géoréférencés capables de répondre à la demande. La deuxième étape consiste pour les agriculteurs et artisans des métiers de bouche locaux de répondre sur tout ou partie de la demande et de faire une proposition, puis vient l’étape de la commande publique, selon les procédures réglementaires en vigueur dans le Code des marchés publics et, une fois le(s) fournisseur(s) retenus, la commande est passée et la livraison préparée.

A ce jour, les Conseils départementaux de la Drôme, du Puy-de-Dôme, de l’Allier, de la Corrèze, de l’Hérault, de l’Indre-et-Loire, de la Manche, du Vaucluse, du Territoire de Belfort, de l’Ardèche, du Calvados, de la Creuse, de l’Aude, du Cantal, du Cher, des Côtes d’Armor, du Doubs, de Haute-Garonne, de Haute-Saône, du Jura, de l’Orne, de Seine-Maritime, des Landes, de Haute-Vienne, de l’Ain et de la Lozère (mais aussi des Conseils régionaux et des communes) ont déjà dit banco et, moyennant une cotisation de 10 000 à 25 000 euros par an (selon leur population), adhèrent à l’association et utilisent la plateforme. L’outil informatique a été développé en interne, selon Nicolas Portas, chargé de mission Agrilocal au Conseil départemental du Puy-de-Dôme. Une salariée dédiée à l’informatique suffit à assurer le relais auprès des responsables désignés des Conseils départementaux.

Agrilocal, grâce à cette approche pragmatique, a comme ambition de « promouvoir les circuits courts, le développement d’une agriculture de proximité et l’artisanat des métiers de bouche, le renforcement de l’économie locale, notamment via la restauration collective et toute la restauration hors domicile ». Si les acheteurs sont en majorité des établissements scolaires publics, tous les acteurs, y compris privés, peuvent s’inscrire dans la démarche.

Et ça marche! Selon un premier bilan réalisé en février dernier, 704 acheteurs (dont 363 collèges, 117 communes, 73 lycées, 69 maisons de retraite…) sont déjà passés par l’une des plateformes départementales, pour commander 360t de produits alimentaires locaux auprès de 1412 producteurs référencés et un peu plus de 10 000 consultations lancées depuis 2013, selon Nicolas Portas. Au total, cela représente un chiffre d’affaires de 1,35 millions d’euros en 2015, le double de celui de 2014, soit une commande moyenne mensuelle de plus de 105 000 euros. « Sans trop faire de campagnes de publicité, ce premier bilan est très encourageant pour une association aussi récente, mais nous allons encourager la progression du nombre de départements adhérents et développer le concept » prévoit déjà le chargé de mission. Trois quarts des départements français semblent avoir déjà pris des renseignements sur Agrilocal, qui colle à la tendance actuelle pour le manger sain et local, « mais les processus de décision politiques sont parfois un peu longs »… L’objectif affiché est de réunir 31 Conseils départementaux au minimum à la fin 2016.

Les enjeux sont éminemment politiques puisque, même si les départements ont perdu la compétence économique au profit des régions lors de la récente réforme territoriale, ils entendent ainsi permettre de ramener de la valeur ajoutée aux producteurs de leurs territoires, faciliter les échanges entre acteurs locaux, favoriser un approvisionnement local de qualité (voire bio), encourager une agriculture plus respectueuse de l’environnement (par rapport aux objectifs du Grenelle de l’environnement), mais aussi promouvoir et développer une restauration collective de plaisir et l’éducation au goût des plus jeunes… Vaste programme!

Ces départements et cette association sont des précurseurs. La loi devient parallèlement plus contraignante. La députée écologiste Brigitte Allain a ainsi fait adopter par ses collègues, le 14 janvier dernier, une loi qui fixe un objectif de 40% de produits sains, frais et de saison (dont 20% de bio), à l’horizon 2020, dans la restauration collective. Pour le moment en France, cette proportion n’atteint que 2,4% malgré le Plan ambition bio 2017 du ministère de l’agriculture qui avait fixé un objectif de 20% à partir de l’an prochain. La parlementaire assurait, dans sa proposition de loi, que l’approvisionnement en circuit court n’était pas plus cher que les méthodes conventionnelles actuellement employées. Un argument qui devrait lever les freins et les appréhensions des responsables politiques sur le développement de l’approvisionnement local.

Emmanuel Coulombeix (source: agrilocal.fr)

About the Author

E.C.
Journaliste dans un hebdomadaire agricole et rural en Bourgogne, Emmanuel Coulombeix est passé par de multiples rédactions du même type, depuis 1991, en Poitou-Charentes, Bretagne, Pays de la Loire et Paris. Diplômé de l'IPJ Paris et du CFPJ, il a exercé ses talents dans différents types de presse et de supports.

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